Première organisation en Haïti de l’IDAHO, Journée Internationale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie

Publié: avril 16, 2012 dans Mis à jour
Image
Ce 17 Mai 2012, célébrons ensemble, pour la première fois en Haïti, la Journée Internationale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie. Depuis sa création officielle en 2004, cette journée n’a cessé d’être commémorée dans de plus en plus de pays et de villes chaque année. Déjà 90 pays commémorent cette journée. Faisons entrer la République d’Haïti parmi eux et dénonçons l’homophobie et la transphobie. Aujourd’hui, peu d’haïtiens connaissent ce mot et savent ce qu’il veut dire, même au sein des communautés qui en sont victimes, et en premier lieu les masisi, qui parce qu’ils sont les plus visibles, sont aussi les plus discriminés.

L’homophobie est une attitude négative ou un sentiment négatif, une aversion envers les personnes homosexuelles ou envers l’homosexualité en général. C’est aussi le rejet des personnes considérées comme homosexuelles et de ce qui leur est associé, notamment le non-conformisme de genre. En Haïti, l’homophobie est omniprésente, combien de fois par jours êtes-vous témoins de situations dans lesquels on traite un individu de « masisi, madivine, etc. » ? ou dans lesquelles, c’est vous-même que l’on insulte ? Il faut que la population haïtienne sache que l’on ne choisit pas son orientation sexuelle mais que celle-ci est définie à la naissance: être homophobe, c’est juger et discriminer un individu sur la base d’une ou de plusieurs caractéristiques qu’il n’a pas choisies et c’est donc une insulte à la dignité humaine.

Certains ont tendance à dire que l’hétérosexualité serait naturelle, et que l’homosexualité ne le serait pas. Or s’il est évident que pour maintenir la continuité de l’espèce humaine, il faut que des individus aient des relations procréatrices hétérosexuelles, le fait d’organiser la société en fonction de la norme hétérosexuelle est une construction culturelle. Le fait de faire de la famille hétérosexuelle, le pilier organisationnel de la société est le résultat du développement par les individus de normes culturelles. Le concept même d’amour n’est pas naturellement hétérosexuel, il a été défendu récemment comme tel, mais l’existence dans toutes les sociétés humaines et de tout temps de couples et d’amours homosexuels témoignent du fait que l’hétérosexualisation de l’amour est un processus et un construit social.

Certains ont aussi tendance à dire que « Dieu n’a pas voulu cela et que les Écritures le prouvent », et à justifier les discriminations et les violences à l’encontre des personnes dont la sexualité, l’identité sexuelle ou l’identité de genre ne correspondent pas à la norme hétérosexuelle. Pourtant, il faut rappeler que les rapports homosexuels ne sont que très peu traités dans les Écritures, et il faut en appeler à la raison pour se demander pourquoi on parle si peu de ce « péché » et qu’on le place au même rang que d’autres s’il s’agit véritablement d’un « péché mortel » comme certains le défendent aujourd’hui. Demandons-nous aussi pourquoi Jésus Christ n’a pas parlé de l’homosexualité, qui existait sous une certaine forme à son époque, si celle-ci est aussi dangereuse pour la société humaine. Enfin, face à la multitude des péchés humains, demandons qui de Dieu ou des hommes décident qu’un péché est plus condamnable qu’un autre. Ainsi dans le Lévitique, le fait de manger des fruits de mer et le fait de « coucher avec un homme comme on couche avec une femme » sont tous deux dénoncés d' »abomination ». Il est assez aisé de prouver au moyen de l’observation la plus simple que ces deux « péchés » ne sont pourtant pas dénoncés de la même façons par la plupart des mouvements religieux.

Nous en appelons donc à la raison humaine et à ce qui a de l’importance. Peu de personnes oseraient invoquer les Saintes Écritures pour justifier des actes de violence, pourtant, le laisser-faire des institutions pousse aujourd’hui beaucoup de personnes à faire passer le petit verset du Lévitique avant les 10 Commandements ou les messages fondateurs de la chrétienté tels que « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ou bien  « Tu ne jugeras point ». Il s’agit donc d’enseigner et de communiquer sur ce qu’est l’homosexualité, en quoi elle n’est ni une maladie, ni un « péché mortel », ni dotée d’aucune force de destruction, mais au contraire qu’elle participe de l’enrichissement permanent de la diversité humaine qui est l’essence de l’humanité.

Célébrons la Journée Internationale de lutte contre l’Homophobie et la Transphobie pour que tous sachent que les insultes et les coups portent un nom ! Que ce nom est homophobie ! Et que l’homophobie tue à petit feu ou rapidement ceux qui sont nés humains et donc différents…

KOURAJ

Publicités

Les commentaires sont fermés.